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L’ouverture des paris réels sur le site de Partouche

« Il y a un temps pour gueuler, un temps pour agir. On ne m’a jamais écouté alors maintenant je vais agir ». C’est avec ces mots que Patrick Partouche s’apprête à annoncer une nouvelle qui risque fort de faire du bruit dans le monde du jeu d’argent. En marge du colloque sur les conditions d’ouverture du marché des jeux et des paris en ligne, le président du directoire de la chaîne de casinos Partouche a annoncé que, d’ici deux semaine, il sera possible de jouer de l’argent réel sur son site de poker, de paris sportifs et de casino. Ce qui est actuellement interdit par la loi française.

Les casinos français vont mal

La raison d’une telle décision est simple. Les casinos ont du mal à concurrencer les sites de jeu en ligne qui proposent déjà la possibilité de jouer au black jack, poker, bingo etc. En effet, « tous les jours, nos clients sont sollicités par les sites de jeux sur Internet, explique Georges Tranchant, président du groupe éponyme. Ils peuvent jouer chez eux en fumant alors que chez nous c’est interdit ». Cette concurrence est telle que l’on parle d’une baisse globale de 10% du chiffre d’affaires des casinos traditionnels. Il y a urgence à trouver de nouvelles sources de financement sinon, des plans sociaux risquent d’être inévitables. Cette baisse d’activités risque aussi de porter préjudice à certaines communes. En effet, les villes qui accueillent un casino reçoivent une taxe importante de leur part. Ces revenus peuvent même représenter la moitié du budget de la collectivité. « Oui, les villes vont souffrir, mais s’il faut fermer des casinos, j’irais moi-même le faire, annonce Patrick Partouche. Je donne 58% de mes recettes pour avoir le droit d’exploiter un monopole. Je suis d’accord. Encore faut-il qu’il y ait un monopole ».

La question de la légalité

La question se pose effectivement, puisque de nombreux sites propose du jeu en ligne. « C’est censé être interdit, mais tous les sites installés à Malte ou à Gibraltar, sont là ce matin, ils parlent à la tribune, ils sont sur la même longueur d’ondes, [explique Patrick Partouche]. Les casinos sont les grands perdants de l’histoire. Alors je ne vois pas pourquoi moi, je ne pourrais pas faire comme eux ». Luc Leborgne, directeur de Viking Casinos, est encore plus énervé au sortir du colloque : « Il y a dans cet endroit tout un tas de gens mis en examen qui pratiquent une activité illicite et la police n’est pas là pour les arrêter ». Le site de jeu en ligne de Partouche existe depuis un petit moment déjà, mais jusqu’à présent, il n’autorisait pas les mises réelles. Comme ces concurrents virtuels, le groupe opérera cette nouvelle activité sous une licence de Gibraltar et une autre de Malte, qui lui permettra de contourner la législation nationale qui interdit de le faire pour le moment depuis la France. « Et si on m’attaque en justice pour faire fermer mon site, il faudra faire fermer tous les autres. Quand on est joueur, on appelle cela un coup forcé ».

lundi 27 octobre 2008