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La dépendance au jeu d’argent
A l’instar des toxicomanes, il existe des joueurs compulsifs. Ils peuvent mettre en danger leur santé physique et financière pour quelques jeux d’argent. Pour prévenir ces dérives, le gouvernement a mise en place le 21 octobre dernier le Cojer, un Comité consultatif pour la mise en œuvre d’un politique de jeu responsable.
Le rôle du Cojer
Composé de représentants des ministères de l’Intérieur, de la Santé, des Sports et des Finances, d’un psychiatre, d’une magistrate de la Cour des comptes et de l’inspectrice générale de l’éducation nationale et de la recherche, le Cojer est distinct de l’autorité de tutelle du secteur des jeux qu’est la Direction du budget. Sa mission est de veiller à la « probité » des jeux, à « protéger les publics les plus fragiles » et à « préserver l’ordre social et l’ordre public », a déclaré le ministre délégué au Budget Jean-François Copé. Le Cojer conseillera, ce dernier, sur les questions d’encadrement et de contrôle des jeux. « Il est hors de question d’entrer dans le piège d’une formule de prohibition qui est le pire des systèmes ». Il est la cause du développement des jeux clandestins, rappelle Jean-François Copé. « Je préfère un système encadré par l’Etat ». D’autant que les jeux rapportent une manne d’argent nom négligeable pour l’état, la sécurité sociale et les communes. Selon des chiffres de Bercy, les prélèvements sur le secteur des jeux d’argent sont en constante progression. Ils sont passés de 3,8 milliards d’euros en 2000 à 5,1 milliards d’euros en 2005. Dans un premier temps, le Cojer encadrera les activités de la Française des Jeux en donnant son avis sur ses nouveaux jeux, son plan d’action commerciale annuel et les mesures qu’elle propose pour prévenir « le jeu excessif et favoriser le jeu responsable ». Rappelons que cette entreprise publique représente près de 60 % du chiffre d’affaires du secteur des jeux d’argent en France. Elle a rapporté, en 2005, 2,5 milliards d’euros à l’état, lui permettant de financer des activités de santé publique. Si le gouvernement est satisfait par les missions du Cojer auprès de la Française des jeux. Son influence devrait, dans un second temps, s’étendre au PMU, qui gère les paris sur les courses de chevaux. Les prélèvements de l’état s’y élève à plus de 1,1 milliard d’euros, en 2005.
Le protocole du jeu responsable
Les casinos, quand à eux, rapportent aussi beaucoup à l’état et aux communes. En 2005, c’est plus de 1,5 milliard qui sont allé dans leurs caisses grâce à eux. En janvier, le gouvernement a signé avec eux un « protocole du jeu responsable ». Il impose, dès le 1er novembre, le contrôle d’identité à l’entrée de ces établissements de jeux pour faire respecter les listes d’interdits de jeu.
L’addiction aux jeux
Ces personnes sont de réels drogués. « La dépendance au jeu est une vraie pathologie. Ce sont des gens qui perdent des mois et des années », explique Marc Valleur, pyschiatre, médecin chef à l’hôpital Marmottan et membre du Cojer. « Le cancer du joueur, c’est la dépression. Ça va jusqu’au suicide ». Selon lui, plus de 250 000 personnes, en France, sont vraisemblablement atteinte de dépendance aux jeux. « J’ai vu des gens qui avaient plus d’un million d’euros de dettes alors qu’il gagnent 4 000 euros par mois », souligne ce psychiatre. « Ça touche toutes les catégories sociales. Pour les gens au RMI ou au smic, c’est beaucoup plus rapide. Le RMI, c’est 13 euros par jour. Il suffit de jouer 20 euros par jour et on se retrouve à la rue ».
Les sites de jeu en ligne
Maintenant, il n’y a même plus besoin de se déplacer pour pouvoir jouer de l’argent. Avec la multiplication des sites Internet de jeu en ligne, l’état adopte une démarche de prévention. Le monopole virtuel de la Française des jeux est donc maintenu. Mais, il est facile d’accéder à des sites off shore, opérant depuis l’étranger. « Nous souhaitons travailler sur cette question », a assuré Jean-François Copé. « Si cela apparaît nécessaire, nous prendrons les dispositions qui s’imposent à tous les niveaux de la chaîne pour faire appliquer les interdictions par rapport à des sites illicites. Après tout, nous l’avons fait pour la lutte contre les sites pédophiles ».
lundi 3 novembre 2008

